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Les histoires d'Anthony

Il y a toujours quelques mots, quelques lignes qui accompagnent ses images. Il y a toujours une histoire derrière l’une de ses photos… « Grâce au mariage des deux, l’émotion peut prendre son envol. La photo me permet de partager une émotion que je vois, que je ressens. » Dixit Anthony Tache, photographe et film maker de 22 ans, passeport Suisse, né à Lausanne, mais avant tout citoyen du Monde. Le Monde, il l’aime, il le respecte, il le parcourt, il le bouffe des yeux. Encore très jeune, il en a pourtant déjà découvert un petit bout. Pour lui, les frontières naturelles et mentales sont conçues pour être franchies, aller au-delà, sinon à quoi bon ? L’univers de la photo, du beau, de l’harmonieux, il y baigne depuis tout petit… Il sait qu’il est privilégié, reconnaissant et sensible. Il s’intéresse à l’autre… Anthony est un sérial curieux, un créatif boulimique, un esprit positif. « Plus je voyage, plus j’ai envie de découvrir d’autres contrées. C’est à travers mes périples que j’ai le plus appris » m’avoue le jeune photographe, l’œil vif, le verbe passionné, les mains agitées. Apprendre, comprendre, partager, contribuer… des mots moteurs qui le poussent en avant, qui le tirent vers le haut. D’abord par les airs puis sur le bitume, il découvre et aime l’Islande. Cheveux au vent, son appareil photo Canon à la main, un drone dans son sac, il nous rapporte la brume, les chutes d’eau, les grands espaces sauvages, la nature verdoyante, les montagnes qui embrassent les pleines rocailleuses… Mais surtout, il partage avec nous une certaine émotion, sa vision d’une terre harmonieuse ayant jusqu’ici parfaitement réussi à faire cohabiter la nature, l’Homme et les animaux. « Là-bas tu peux rouler 4 heures sans croiser âme qui vive, tu te sens tout petit, plus calme, plus serein. Pour un photographe ou un film maker c’est le paradis, tu peux t’arrêter toutes les 20 minutes pour capter une image forte en émotion. L’Islande c’est une claque qui te fait du bien ». Anthony, un Petit Prince de la photographie qui nous a même ramené quelques moutons… et l’aventure ne fait que de commencer.

Texte: Benny Tache
Photos: Anthony Tache

C’est la barbe…

Symbole de puissance sexuelle comme de pouvoir ou de sagesse, la barbe, selon les époques, a eu ses hauts et ses bas. Depuis quelques années, les poils envahissent le visage des mâles les plus en vues de la planète. Mais la barbe nous raserait-t-elle déjà ?

La barbe est devenue un accessoire de mode incontournable pour qui veut avoir l’air cool et souhaite afficher une personnalité au caractère bien trempé. Les années 90 avaient évincé le poil et marqué l’avènement du « métrosexuel » bien lisse et propre sur lui, les hipsters ont remis la barbe en selle, arborant cet attribut viril comme signe de reconnaissance d’un mouvement qui se veut contestataire de l’uniforme costard cravate. La dernière période velue remontait à la fin des années 60, quand favoris et bacchantes contestaient l'ordre parental. Les jeunes beatniks réhabilitaient l'esthétique Belle Epoque après quelques décennies d'imberbe efficacité moderniste. A nouveau, la barbe s'oppose à l'ère précédente. Si vous associez à la barbe, tatouages et bretelles portées sur des pantalons trop courts, vous aurez une bonne idée de l’allure que prend cette rébellion contemporaine… A l’image du bucheron canadien qui exhale sa testostérone dans sa chemiseà carreaux, le hipster brandit sa virilité. Leurs coupes de cheveux, leurs marques, leur attitude et leurs modes de vie ont très vite été récupérés par la pub et le marketing. La barbe a commencé par envahir les podiums des défilés, les pages des magazines et le visage de nos stars pour ensuite se répandre dans la rue. Le mainstream signe en général la fin annoncée d’un mouvement, en tout cas il tue sa singularité. On nous prédit donc la fin proche des hipsters et l’avènement des yuccies, entendre Young Urban Creatives. Depuis Jésus Christ la mode de la barbe est cyclique…

Les plus grandes stars hollywoodiennes ont cependant cédé à cette vague. A la sortie du film The Revenant, Leonardo DiCaprio arborait une longue barbe broussailleuse digne d’un homme des cavernes. Depuis, l’acteur écologiste a opté pour une pilosité moins paléolithique avec un bouc élégant qui affine la rondeur d’un visage qui commence à s’empâter. La barbe présente quantité d’avantages, elle dissimule les rondeurs, l’acné ou les cicatrices, elle permet de paraître plus mature, donne un côté viril et, si on souffre de calvitie, elle permet d’attirer le regard sur le bas du visage. La barbe se conjugue à toutes les formes de visage et de style : barbe de 3 jours, collier de barbe, bucheron, bouc ou barbiche, Van Dyke, mouche, barbe sculptée, favoris et rouflaquettes, ancre ou balbo, barbe Nicolas II qui a fait son grand retour grâce aux hipsters, ensemble moustache barbiche style Napoléon III, etc. L’acteur Jake Gyllenhaal a opté pour une vraie barbe de bucheron canadien, cherche-t-il à se durcir pour faire oublier son rôle dans le Secret de Brokeback Moutain ? Ashton Kutcher affiche un collier de barbe et une fine moustache qui ne parviennent pas à durcir les traits d’un visage toujours aussi enfantin. Brad Pitt, de plus en plus beau l’âge venant, a également cédé à l’appel d’une barbiche qui lui va comme un gant. Même le super lisse David Beckham, symbole international du métrosexuel, s’y est essayé… pour un temps ! Victoria Beckham est passée par là pour y mettre bon ordre. Posh… qui s’y frotte s’y pique !

On dit que l’une des causes du déclin de la barbe serait les femmes qui n’apprécient guère l’essor du poil, suspectant ces buissons pileux d’être un réservoir à miettes, voire un nid à microbes… Pourtant, réussir sa barbe nécessite un soin quasi maniaque. Le poil est pour ainsi dire en liberté conditionnée par une ribambelle de fioles, onguents, baumes, huiles adoucissantes, shampoings, après shampoings, micro fers à lisser, peignes… Faussement négligée, une belle pilosité lustrée dans le sens du poil, qui ne pique ni ne broussaille, se gagne au prix d’un entretien plus contraignant que celui des cheveux longs féminins. Alors, faut-il souffrir pour être beau ? Se raser tous les jours c’est peut-être moins barbant !

Texte: Valérie Penven
Photos: Benny Tache

 

Tatooed

Se marquer la peau d’une signature. De son histoire. D’une identité. Jessica n’a pas vraiment choisi ses tatouages. Ce sont des signes qui l’ont percutée, comme une évidence. Elle s’est ornée de dessins pour ancrer ses vérités dans la matière : son dessein. Chaque symbole, stratégiquement posé sur son corps, porte un message. Un sens profond qu’elle a voulu habiter. Qu’elle a voulu embrasser. Une femme en quête de fondamentaux, d’essence, de sens. Pure. Pleine d’Harmonie. Merci Jessica.

Texte: Camille Viennet
Photos: Benny Tache

 

Le trafic sexuel, une lutte : Somaly Mam

 
Le Cambodge : nation de vestiges religieux et de temples majestueux qui invite l’aventurier spirituel à venir se recueillir. Les plages paradisiaques et la possibilité de trekker dans les forêts équatoriales charment l’occidental avide de dépaysement. Seulement voilà, derrière le côté glamour, se cache une réalité bien plus obscure…

Des voyages mêlant le sacré, la détente balnéaire et l’exploration, un trio très en vogue depuis quelques années, invitent à parcourir l’ancienne parcelle indochinoise. En réalité, le quotidien vécu de l’intérieur par les autochtones n’a souvent rien d’un conte de fée. La majeure partie des Cambodgiens vit dans une pauvreté rare et n’a pas accès à l’éducation. Cet état de fait prend ses origines dans l’histoire du pays : en effet, dans les années 70, l’emprise communiste des Khmers rouges sur le pays a mené à une quasi destruction de la culture et des structures sociétales. La population se retrouve alors sans ressources et le pays, encore en déficit de développement aujourd’hui, en est cruellement affecté. C’est dans ce climat que se développe un réseau de trafic humain, soit l’exploitation de personnes, de[P21] quel ordre que ce soit. Les femmes et les enfants, particulièrement vulnérables dans un environnement très misogyne, sont extrêmement touchés, en particulier par le trafic sexuel. Ces pratiques étant établies sous un régime dictatorial, l’enrôlement des enfants et des jeunes filles est relativement normalisé ; les familles ne voient pas d’alternative pour subvenir à leurs besoins. En d’autres termes, la conjoncture socio-politique au Cambodge pousse les enfants et les jeunes filles à se prostituer. Ces filles ont entre 4 et 25 ans. La plupart du temps, elles sont endoctrinées et agissent en quête d’argent ou sous la menace ; quoi qu’il en soit, elles n’ont pas le choix. Et c’est là que l’une d’elle va faire la différence… Somaly, un samouraï au grand cœur, va faire de sa vie un combat. Vendue, battue, violée, elle vit dans la peur plusieurs années durant, confinée dénudée dans une pièce, entassée avec d’autres dans une maison close, elle subit une violence physique et psychique inimaginable que je n’ose même pas décrire plus avant. C’est alors qu’un jour, un client lui tend la main pour la sortir de cet enfer et l’emmène en Europe. Sa bataille est lancée : elle retourne au Cambodge, déterminée à venir en aide à toutes ces victimes. Une, deux, trois, elle va les chercher pour les convaincre de sortir du circuit, challenge difficile face à des filles qui ne peuvent se fier à personne. Rapidement, Somaly manque de place et ouvre un centre d’accueil. C’est à ce moment-là, en 1996, qu’elle crée l’association AFESIP (Agir pour les Femmes en Situation Précaire) : une ONG qui offre refuge et soins psychologiques aux femmes sorties de l’esclavage sexuel, afin de leur permettre une réinsertion dans le monde social. Une lutte qui sera solidement soutenue par certaines personnalités et autres associations nationales et internationales, notamment la fondation Solyna, basée en Suisse, qui travaille main dans la main avec l’AFESIP et réunit des fonds qui lui sont intégralement reversés. Dans les quelques centres en place actuellement au Cambodge, on s’occupe de ces filles déboussolées et méfiantes, le plus difficile étant de leur faire retrouver un sentiment de sécurité, de leur redonner confiance en les autres et en elles-mêmes. En outre, le programme de réinsertion prévoit un encadrement qui leur confère une autonomie financière à la sortie du centre, afin de contribuer à une réhabilitation optimale. Somaly Mam, personne des plus souriantes et lumineuses, respire avec le cœur. Sa place est principalement sur le terrain, dans les bordels, cherchant à persuader les jeunes filles d’en sortir. Par ailleurs, elle se déplace pour faire connaître sa cause et chercher des fonds. C’est un après-midi, accompagnée de Sina, une ancienne victime devenue son bras droit et de la talentueuse AnnaLynne McCord, actrice américaine et pilier de l’AFESIP, que Somaly a transmis à Open magazine son point de vue, sa richesse et sa joie de vivre. AnnaLynne commence par prendre la parole, sourire radieux : pour elle, l’avenir du Cambodge est entre les mains de sa jeunesse qui a de nos jours les moyens de s’informer et d’agir. Il semble nécessaire qu’elle prenne conscience de ce fléau et qu’elle s’implique pour endiguer ces pratiques de traite humaine, récurrentes depuis des décennies. Quant à Somaly, elle explique son rôle au sein des centres. Les filles, complètement perdues, ont besoin d’un refuge sécurisant lorsqu’elles s’extirpent du circuit de prostitution forcée : « Il est indispensable pour elles d’avoir une personne de soutien, une famille de cœur. Et moi, je suis là pour être comme une maman de cœur. » Elle poursuit en expliquant qu’après un tel traitement et un passage dans un environnement totalement corrompu, les filles n’ont plus confiance en personne. Elles auront tendance à mentir, à ne donner aucune information réelle pour se protéger, à dire qu’elles ne savent ni leur nom, ni leur âge, pour ne citer qu’un exemple. Souvent, elles inventent des histoires sur leur passé. Somaly connaît trop bien ce mécanisme de par sa propre expérience. Alors elle va établir un lien de confiance avec ses rescapées. Elle les croit. Même si elle sait qu’elles mentent, elle les croit et elle les aime. Leur offrir la sécurité est son unique objectif. Elle sait qu’une fois apaisées et en confiance, c’est spontanément que les jeunes femmes confient la vérité au sein de l’association. A ce moment-ci, Somaly reste dans cette même ouverture, sans aucun jugement, pour les apaiser et les conforter dans un espace de compréhension et de confiance. Elle leur répond simplement : « Ce n’est pas grave. Je te crois et je t’aime ». Comme Somaly, les filles qui s’en sortent ont bien souvent l’impulsion d’aider les autres victimes du trafic sexuel à sortir de ces conditions. D’après Somaly, c’est un moyen à la fois de se guérir psychologiquement, de reprendre confiance en soi en apportant un soutien qui a de la valeur, en se sentant utile, et de tendre la main, comme on nous l’a tendue : « Vous savez, aider les autres, c’est s’aider soi-même ». Somaly Mam est une icône de lutte pour les droits de l’homme. Parfois controversée pour des raisons peu convaincantes, elle ne reculera devant rien dans son combat pour éradiquer le trafic sexuel au Cambodge et recueillir ces filles, ses filles. Un cœur grand ouvert, elle vit pour redonner joie et confiance à des âmes meurtries dans le besoin. Un exemple de bonté, une lumière dans les ténèbres. La question qui me reste en bouche serait alors, peut-être, comment parvenir à endiguer l’esclavagisme sexuel, but ultime de l’AFESIP et des associations alliées ? Car comme dans tout marché, la demande est une condition sine qua non à l’offre, ces enfants et jeunes filles sont donc les souffre-douleurs d’une demande. Il semble important de souligner qu’il est question de prostitution forcée dans le cas précis. Selon Chris Wolf, président de l’association Solyna, il est fondamental d’agir à la fois sur la prévention en Europe occidentale, mais aussi de collaborer directement avec la justice et le gouvernement cambodgiens. Deux axes nécessaires en parallèle des soins prodigués dans les centres. La bonne nouvelle, c’est que chacun a la possibilité d’en parler autour de soi pour faire connaître ce fléau et participer ainsi à une prévention active. Par ailleurs, se tiendra le dîner de soutien officiel de Solyna le samedi 28 mai 2016 ( ??? ) au Lausanne Palace, auquel AnnaLynne McCord et Somaly Mam en personne seront présentes. Une soirée qui portera l’espoir d’aider encore davantage ces filles démunies pour leur rendre leur liberté et les choyer.

Somaly Mam, ou la mère de toutes les victimes de l’esclavagisme sexuel. Un regard vers le ciel, elle a décidé. Croyance fermement ancrée que rien ne l’arrêtera. Un don de soi, entier, puissant, qui fait jaillir de cette femme un amour et une joie inconditionnels. Face à des femmes meurtries et abandonnées, aucun jugement mais un postulat : « Ce n’est pas grave. Je te crois et je t’aime ».
 
Texte: Camille Viennet
Photos: Benny Tache
 
 

19 Avenue Kléber

C’est au 19 de l’avenue Kléber, à quelques pas seulement de l’Arc de Triomphe, qu’elle m’a donné rendez-vous ou plutôt… son rendez-vous. Le sien, oui ! Tant elle l’a voulu, tant elle a insisté, pour ne pas dire… imposé. Ce lieu, cet hôtel, je le connais bien puisque c’est là que je l’avais rencontrée pour la toute première fois.

« Une si belle inconnue dans un si bel hôtel… », c’est ce que je me suis dit lorsque mes yeux se sont posés sur elle. Pressée, stressée, électrique même, elle avait pourtant cette allure folle et raffinée qui se mariait tellement bien avec Le Peninsula Paris. Il est vrai que j’apprécie tout particulièrement cet établissement. Il m’offre cet espace généreux si vital à mes yeux, ce mariage réussi d’une histoire passée jamais poussiéreuse et d’un style contemporain jamais froid. Justement, Je me souviens très bien qu’aux yeux, je n’ai pas eu froid, lorsque je me suis approché d’elle afin de lui proposer de partager un repas au restaurant l’Oiseau Blanc. Il était pourtant tard et ce n’était pas vraiment mon style d’aborder une inconnue de la sorte. Elle m’a regardé droit dans les yeux, je me suis senti tout petit et m’a répondu d’une voie claire « c’est largement la meilleure idée de ma très mauvaise journée ! ». Je ne savais pas trop comment l’interpréter, mais peu importe… Quelques minutes plus tard on partageait un vin de caractère et une excellente cuisine française. Tout cela sur le toit-terrasse de l’hôtel. Une vision sublime de Paris la nuit berçait notre discussion… je dois dire qu’elle parlait bien plus que moi mais cela ne me dérangeait pas. J’avais devant moi, à quelques centimètres, des yeux magnifiques, une chevelure épaisse, des lèvres aguicheuses, des dents blanches juste parfaites et un corps à damner un saint. Une femme intelligente et joyeuse avait accepté mon invitation cavalière. Je me suis dit que ce n’est qu’au Peninsula que cela pouvait m’arriver. Originaire de Bretagne, elle vivait aujourd’hui à Los Angeles et se rendait très régulièrement à Paris… et toujours au Peninsula. Elle connaissait bien ce groupe hôtelier et particulièrement l’adresse de Beverly Hills. Paris est le premier établissement de la chaine en Europe. Elle connaissait tout de cet hôtel qui aime célébrer l’art et la culture, elle y séjournait régulièrement. Elle me parlait de la terrasse Kléber au printemps, du bar du même nom en hiver, du spa - son havre de paix – et sa grande piscine en toutes saisons. Mais elle appréciait tout particulièrement le restaurant chinois, le Lili, qui propose une excellente cuisine cantonaise, ainsi que sa spacieuse suite équipée des toutes dernières technologies gérées par des tablettes numériques interactives personnalisées. Les trois jours et trois nuits suivants furent comme un film. Un rêve éveillé, un moment partagé hors du temps. Rire, plaisir et complicité nous ont uni au Peninsula Paris… il y a déjà une année, jour pour jour.

Douze mois sans la moindre nouvelle, c’est elle qui en avait décidé ainsi… jusqu’à ce coup de téléphone de l’autre jour. Je n’ai pas hésité une seconde, j’allais la revoir à l’Oiseau Blanc, même table, même vue… elle a quelque chose d’important à me dire… à Paris… au Peninsula.

ppr@peninsula.com
peninsula.com/paris

Texte & photos Benny Tache

 

Champion d’Europe


Voilà, plus que 8 minutes de jeu et cet EURO 2016 arrivera à son terme. Que d’émotions vécues, de doutes, de tensions, de joie… j’ai suivi mon équipe favorite depuis le début, je ne l’ai pas lâchée et elle ne m’a pas déçu, tout comme ma Big Bang Unico Retrograde Chronograph signée Hublot. Ce véritable petit chef d’œuvre d’innovation et de tradition horlogère m’indique avec précision que d’ici quelques minutes, si ma team préférée maintient le score, elle deviendra championne d’Europe. Pourtant, nous ne faisions largement pas partie des favoris de ce grand rendez-vous footballistique. Peu de spécialistes ou amateurs nous attendaient à ce niveau, surtout pas après le premier match. Cette défaite frustrante contre l’Italie 3-4 sur une erreur d’arbitrage dans les 2 minutes des arrêts de jeux indiqués par le 4ème arbitre et son nouveau panneau conçu par Hublot. Ce match restera sans nul doute l’une des plus belles rencontres de cet EURO. Spectaculaires, les deux équipes étaient uniquement tournées vers l’offensive et nous avons pu nous délecter d’incroyables gestes techniques et d’une pluie de buts, les uns plus beaux que les autres. Cette Squadra Azzurra nous a fait mal, mais rien à dire, quel talent ! Au final, cette défaite nous a certainement rendu service. N’ayant plus rien à perdre, l’équipe s’est totalement détendue, les chevaux étaient lâchés et tel un tsunami, rien ni personne ne nous a résisté… même pas l’infatigable Philipp Lahm et sa Mannschaft dans ce quart de final époustouflant. On perdait pourtant 0-2 à la mi-temps et les Champions du Monde déroulaient. Mais voilà, nous avions mangé du lion et les dieux étaient avec nous pour nous offrir un 5-3 historique. La demi-finale était tendue, hachée, notre adversaire ne se limitait pas à onze joueurs de champ et ses remplaçants mais à presque tout un stade en transe. Face au pays organisateur, transcendé pendant tout le tournoi par des supporters euphoriques et une presse toujours aussi chauvine, nous n’étions une nouvelle fois pas favoris. À nouveau menés à la marque, ceci même jusqu’à la 75ème minute, mes yeux suivaient chaque seconde qui s’écoulait sur mon séduisant garde-temps confectionné uniquement à 100 exemplaires, donc rare. Ma montre, précise et efficace, je la dévorais du regard. Mais c’était sans compter sur la rage et la réussite de notre centre-avant, à la pointe de mon équipe, 21 buts durant cet EURO s’il vous plaît ! Ce coup de tête dans la lucarne depuis la ligne des seize mètres est peut-être le plus beau but de L’EURO 2016. Et puis aujourd’hui, cette finale, cette grande finale rêvée devenue réalité. Le plus drôle, c’est que pour la première fois depuis un mois, nous sommes les favoris. Ma fidèle Hublot, qui est tout de même la montre officielle de cet UEFA EURO 2016, m’indique une ultime minute encore et la coupe sera à nous. Un beau match avec une nouvelle fois un torrent de buts. 3-3 à la mi-temps contre une grande équipe de Suisse et un triplé de son feu follet, Xherdan Shaqiri. Deux petits pays en finale pour deux grandes équipes de football qui ont surpris tout le monde. Et voilà, c’est fait ! L’arbitre principal siffle la fin du match que nous remportons 6-4. Quel délire ! Quelle folie ! Vive le sport ! Vive le foot ! Vive Hublot ! Vive Zlatan…

hublot.com

Texte & photo Benny Tache

 

L’inconnue perdue de la galerie d’art


Cher Beau Monsieur,

Un peu gênée, empruntée, j’ai tout de même décidé de me jeter à l’eau, soit… de vous écrire. On s’est croisé il y a exactement 7 jours, 11 heures et 25 minutes, à l’instant où j’entame la rédaction de ces quelques lignes. Quelques mots qui, je l’espère, ne vous laisseront pas indifférent. Indifférente, vous ne m’avez pas laissée quand je vous ai croisé dans cette galerie d’art à Zurich. J’avais rendez-vous avec une amie qui tardait à venir, je commençais sérieusement à m’impatienter. Ayant oublié ma montre, j’ai interpelé d’une manière un peu maladroite la première personne située à proximité afin de connaitre l’heure que l’on vivait et… c’était vous. Vous vous êtes calmement retourné, vous m’avez souri, vous m’avez dit d’une voie sereine « avec grand plaisir »… et j’ai fondu. Comment l’interpréter ? J’étais comme une petite fille perdue, j’avais reçu un grand coup sur la tête et une flèche dans mon cœur. Tout m’a plu chez vous, votre franc et doux regard, votre sourire, votre timbre de voix, votre style, votre parfum, vos chaussures, votre charisme, vos mains et votre… montre. Vous avez relevé légèrement votre manche et j’ai découvert votre Villeret Quantième Annuel GMT acier. Sobre, classique mais à la fois contemporaine, j’ai été subjuguée par son élégance. Je n’ai pu m’empêcher de me rapprocher de vous. Vous étiez si beaux tous les deux et vous alliez si bien ensemble. Vous m’avez dit l’heure mais je n’ai rien entendu. Tel un boxeur un peu groggy, j’ai répondu quelque chose comme « il est très beau votre garde-temps ». C’est là, avec passion, que vous m’avez conté que chez Blancpain, c’est la première fois qu’un Quantième Annuel GMT était muni d’un boîtier en acier. Vous l’avez retirée de votre poignet, j’ai pu toucher son bracelet en cuir alligator noir et sa boucle déployante à trois lames. J’ai pu admirer la boîte et son fond saphir laissant apparaître une masse oscillante guillochée en or jaune. Vous m’avez demandé si j’aimais les voyages. Les contrées lointaines ? Les villes d’ailleurs ? J’avais envie de vous répondre qu’avec vous, j’irais partout, mais un simple et timide « oui, ça dépend… » s’est extirpé de ma bouche. Vous avez poursuivi en me racontant votre dernier voyage à Buenos Aires et les quelques folles rencontres que vous aviez faites là-bas. Vous m’avez dit l’amour que vous portez à votre Blancpain et son GMT tellement utile lors de vos périples. À vos côtés, à vous écouter, le temps n’existait plus pour moi. Vous avez dû interrompre notre conversation car un avion n’attend pas. C’était pour Bangkok, je crois. Vous m’avez laissé votre carte, un beau sourire, je vous ai suivi du regard tant que j’ai pu et j’ai oublié mon amie. Sur votre carte, pas de nom, de prénom, de téléphone, ni d’adresse… juste une adresse email ! J’aimerais lever le voile sur vous, vous découvrir… votre heure sera la mienne.

Texte & photo Benny Tache